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“Les chantiers de la gloire”, Beineix par lui-même “Je suis né le 8 octobre 1946 et je jure que je ne recommencerai plus”. Ainsi démarrent les mémoires de Jean-Jacques Beineix. Mais le cinéaste se trompe de date, c’est en 1981 qu’il naît pour son public. La presse française spécialisée jette un œil blasé sur “Diva”, son premier long métrage, contredite, l’année suivante, avec l’adoubement du film par la critique mondiale, assorti d’un fabuleux succès populaire aux Etats-Unis et au Japon. “Diva” bénéficie alors d’une seconde sortie sur les écrans de l’hexagone, promis cette fois à un triomphe incontesté qui lui vaut l’estampille “culte”. Deux années plus tard, les maîtres ès cinéma de la critique française assassinent “la Lune dans le caniveau”, film fétiche du cancre novateur. Beineix a mis tout son cœur et ses tripes dans ce poème métaphysique adapté de Goodis. Des rapports jamais sereins entre un créateur expliquant, dans les pages de son livre, être un autodidacte formé au 7ème art dans une cinémathèque de quartier, et ses contempteurs souvent injustes. Beineix prend la plume peut-être pour répondre autrement qu’en continuant à tourner des films – l’indifférence créatrice, une jolie parade ! – à ceux qu’il qualifie d’“Ayatollahs du bon goût” - celui des années 60/70 - ces intégristes parvenus à figer en dogme la rafraîchissante Nouvelle Vague. Si le réalisateur, jeune homme persuadé que la vie commence à 60 ans, choisit, par ces mémoires, de sortir de son mutisme et de se défendre, il s’y raconte aussi un peu. Loin des ragots “people” ou de l’introspection nombriliste, l’auteur de “37,2°”, “IP5” et “Mortel transfert” s’amuse à reprendre depuis le début l’histoire du petit Parisien du XVIIIème, entré tardivement dans « son » cinéma. Du court, “le Chien de monsieur Michel”, à la genèse de 37,2° le matin, en passant par les studios de Los Angeles et Cinecitta - le difficile tournage de “la Lune dans le caniveau” : tel est le programme des premiers chapitres. L’écrivain débutant s’arrête là, l’autre versant de son existence et de celle de ses films étant promis à un second tome… |
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